Ouverture de la Maison Musée du sculpteur Ousmane Sow à Dakar

Samedi 5 mai, la dernière maison dOusmane Sow à Dakar sera ouverte au public. Les œuvres du sculpteur sénégalais disparu le 1er décembre 2016 y seront présentées. Les visiteurs circuleront librement dans ce lieu labyrinthique, à la découverte des œuvres, des souvenirs et de l’atelier laissé tel quel au départ du sculpteur. Cet événement s’inscrit dans le cadre de la treizième édition de la Biennale de l’Art africain contemporain de Dakar 2018, placée sous l’égide du ministère de la Culture de la République du Sénégal (3 mai au 2 juin).

Ousmane Sow (1935-2016) – Photo Pinterest

 


Le grand public avait découvert l’artiste, né en 1935, lors de l’exposition de La bataille de Little Big Horn, sur le Pont des Arts à Paris, en 1999. Le choc. Trente-cinq immenses statues expressives et sensibles qui semblaient faites d’argile vivant se mouvaient sous le ciel gris. Ousmane Sow, ancien kinésithérapeute, avait su magnifier sa connaissance parfaite du corps humain dans une célébration qui portait la résistance des Indiens d’Amérique lors de la bataille de Little Big Horn, face à l’armée du général Custer, au cœur de l’Europe.

Cette série de sculptures monumentales avait été conçue dans cette maison de Dakar qu’il avait baptisée « Le Sphinx » et qui préfigurait une série, restée à l’état de projet, sur les Egyptiens. La maison elle-même avait été pensée comme une véritable œuvre d’art, ouvrant l’espace sur la tête, les bras et le dos du Sphinx. Une maison-sculpture achevée en 1999 –en même temps que La bataille de Little Big Horn– et dont il avait lui-même recouvert les murs de cette même matière qu’il utilisait pour ses sculptures. Une matière dont l’artiste n’a jamais livré le secret, composée d’un mélange de sable, de paille, d’aliments, de terre et de différents produits macérés durant des années.

La maison d’Ousmane Sow (1935-2016), sculpteur sénégalais. Dakar (Sénégal), 2007. © ousmanesow.com

 

Sa première série de sculptures, les lutteurs Nouba, une œuvre emblématique de son travail, avait placé, en 1987, l’art africain sur le devant de la scène artistique. La série Massaï suivra en 1988. Et les Zoulous en 1991. Puis la série des Peuls en 1993. Celle des Grands Hommes commencée au début des années 2000, en hommage aux grands hommes qui l’avaient aidé à croire au genre humain, restera malheureusement inachevée.

Ousmane Sow (né en 1935). « Victor Hugo » (série des grands Hommes). Dakar (Sénégal), 2002. © ousmanesow.com

 

Une œuvre fulgurante pourtant, car l’artiste n’avait commencé à exposer qu’à l’âge de 50 ans, détruisant son travail de jeunesse pour ne garder la trace que des œuvres éclatantes de maturité artistique. Le sculpteur, universel, était d’ailleurs surnommé « l’Auguste Rodin du Sénégal ».

Une maturité et un travail qui l’avait conduit à intégrer à l’Académie de Beaux-arts, élu à l’unanimité au fauteuil numéro 6 en 2013. Le premier artiste noir de cette Académie et le deuxième –après Léopold Sédar Senghor– à faire son entrée sous la Coupole lors d’une cérémonie qu’il avait dédiée à « l’Afrique toute entière, à sa diaspora et aussi au grand homme qui vient de nous quitter, Nelson Mandela. ».

Le sculpteur disait de son travail : « Il y a dans mes sculptures une exagération. C’est voulu. C’est la recherche de la puissance et de la traduction de la vie. Ce qui m’intéresse c’est la vie. Que les gens ressentent cette sorte de flux qui passe entre les sculptures et eux. »

Ce flux que vous ressentirez dans la maison-sculpture devenu maison-musée de l’artiste.

Ousmane Sow, Béatrice Soulé, éditions Actes Sud, 2006

En savoir +
  • ousmanesow.com
  • La Biennale de Dakar 2018
  • Ouverture de la Maison Musée Ousmane Sow
    La série complète des Peuls y sera présentée ainsi que Les Grands Hommes, a précisé Béatrice Soulé, la veuve de l’artiste, sur RFI.
  • En parallèle, exposition « Dans l’univers d’Ousmane Sow », dans les locaux d’Eiffage Sénégal (vernissage le 5 mai).
    Deux pièces de la série « La bataille de Little Big Horn » seront présentes au centre de l’exposition : Le Cavalier désarçonné et L’Indien blessé. ainsi qu’une installation photo-vidéo signée Béatrice Soulé.
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