Léonard Tsugouharu Foujita, peintre de l’entre-deux-guerres

Jean Agélou, Foujita dans son atelier, 1923

 

A l’occasion de l’exposition du musée Maillol Foujita, peindre dans les années folles sur la période la plus prolifique de l’artiste franco-japonais lors de son premier séjour à Paris, retour sur le parcours de cet admirable associé de la Société Nationale des Beaux Arts.

Foujita est l’un des visages de la modernité du Paris des années folles. En dandy oriental aux multiples talents, il a su fédérer autour de son art le public international. Cette habile hybridation entre ses influences nipponnes et européennes fait le succès de ses œuvres.

Foujita, une apogée artistique fulgurante

 

Tsugouharu Foujita, autoportrait, 1930

Foujita est originaire de Tokyo au Japon. Il arrive à Paris le 6 août 1913. Il est alors assoiffé de modernité. Très tôt, il a admiré les œuvres de Claude Monet que son père lui a montrées. Le travail du peintre impressionniste l’a incité à devenir artiste. Durant ses années de jeunesse au Japon, il a appris de multiples disciplines. Il a notamment pratiqué le dessin, la calligraphie, la photographie et la céramique. Cette pluralité de médiums va lui permettre d’exprimer l’influence double de l’Orient et de l’Occident.

Généralement, Foujita peint des scènes de genre illustrant sa famille, des enfants (qu’il n’aura jamais) ou encore son chat… Il trouve l’inspiration chez les modèles de la Ruche, la cité des artistes étrangers du XVe arrondissement de Paris. Il peint la célèbre Kiki de Montparnasse ainsi que sa deuxième femme Lucie Badoud qu’il surnomme Youki (neige en japonais) en référence à la blancheur de sa peau. Foujita expose au Salon des Beaux Arts de la SNBA en 1923. À cette occasion, il présente son œuvre En famille qu’il a peinte dans son atelier parisien du 5 rue Delambre. Il devient membre associé de la Société Nationale des Beaux Arts la même année.

 

L’artiste jouit de la vie parisienne comme il en avait rêvé à son départ du Japon. Il côtoie les autres grands noms de l’époque : Amedeo Modigliani, Pablo Picasso, Chaïm Soutine ou encore Robert Desnos. Foujita est de tous les salons artistiques de cette période. En 1925, il est fait chevalier de la Légion d’honneur pour son œuvre impressionnante.

Une seconde partie de vie en demi-teinte

 

Après une période de réussite importante, il subit un redressement fiscal. Cela le pousse à quitter la France et à voyager à travers le monde. Il retourne d’abord au Japon en 1927, avant de partir deux ans en Amérique latine puis en Amérique du Nord. Pendant la seconde guerre mondiale, il est nommé peintre attaché aux armées nippones. Il part ensuite quelques années aux États-Unis. Il revient finalement dans l’hexagone le 14 février 1950 avec sa troisième et dernière épouse Kimiyo Horiuchi.

Tsugouharu Foujita s’attache dans la dernière partie de sa vie à rendre hommage à la nation française qui l’a accueilli. En 1955, il est naturalisé Français. Il se fait baptiser quatre ans plus tard dans la basilique Saint-Rémi de Reims. Il adopte le prénom Léonard. Le choix de ce prénom est une double référence : l’une à Léonard de Vinci, l’autre à Léonard Kimura, un martyr japonais. Là encore, l’artiste fait le pont entre ces deux cultures.  Entre 1965 et 1966, il réalise une chapelle qui porte son nom dans la ville de Reims. Ce sera sa dernière œuvre. Il y repose aujourd’hui.

Chapelle Foujita, aujourd’hui

Pour aller + loin

Foujita, peindre dans les années folles
Exposition du 7 mars au 15 juillet 2018
Musée Maillol de 10h30 à 18h30, 61 rue de Grenelle, Paris 7

La chapelle Foujita

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