Kees van Dongen, un Hollandais au Salon des Beaux Arts

Les lutteuses du Tabarin, Van Dongen, 1907 – huile sur toile

 

Kees van Dongen a exposé à plusieurs reprises au Salon des Beaux Arts de la Société Nationale des Beaux Arts.

Sa première exposition au sein l’institution remonte à 1901. Il a alors vingt-quatre ans. Cela fait presque deux ans qu’il est installé à Paris, au Bateau-Lavoir, avec sa femme Juliana Augusta dite Guus. Le couple d’artistes est voisin de Picasso et de sa compagne, Fernande Olivier.

En 1901, le Salon des Beaux Arts prend place au Champ de Mars. Il y expose deux esquisses représentant son futur sujet de prédilection : la Parisienne.

Les membres de la Société Nationale des Beaux Arts avait fait vœu, dès la fondation du Salon, d’accueillir les artistes du monde entier, sans distinction. Kees Van Dongen a cependant la volonté de devenir un « peintre officiel  français ». C’est l’une des raisons pour lesquelles il peint de plus en plus de portraits représentant la « mondanité parisienne ». Des ministres aux personnalités littéraires en passant par les actrices, il dépeint à la manière « fauve » son quotidien dans la capitale française. Kees van Dongen sera naturalisé français en 1929. Il est l’un des rares artistes hollandais à avoir changé de nationalité.

En 1922, Kees van Dongen est nommé membre Sociétaire de la SNBA, ce qui témoigne de son lien pérenne avec le Salon.

Pierre Lafitte, Van Dongen, 1921

Cette année-là, il présente au Salon dans la section peinture le portrait de Pierre Lafitte, un éminent journaliste et éditeur. Les artistes du Salon des Beaux Arts fréquentent de nombreux chroniqueurs qui contribuent parfois à leur renommée. Pierre Lafitte est le fondateur de la Coupe Femina remise lors des compétitions féminines de golf et d’aviation. Il est  aussi, par extension, l’un des fondateurs du Prix Femina qu’il dirige conjointement avec les éditions Hachette à partir de 1904 : ce prix récompense sans différenciation de sexe (à la différence du Prix Goncourt à cette date) un écrivain ou une écrivaine pour son œuvre et est composé d’un jury exclusivement féminin.  Ce portrait réalisé à l’aquarelle et au crayon témoigne de la proximité des milieux du « tout Paris » intellectuel et mondain.

Kees van Dongen meurt en 1968. Il est considéré comme l’un des derniers peintres du fauvisme.

Une exposition, Van Dongen et le Bateau-Lavoir, lui est actuellement consacrée au Musée de Montmartre –à découvrir jusqu’au 26 août 2018. L’exposition reprend l’époque effervescente d’un Paris des arts, habité par Picasso et Modigliani.

Aujourd’hui encore, les ateliers du bateau-lavoir sont toujours investis par de nombreux artistes.

 


En savoir +

L’exposition Van Dongen au Bateau-Lavoir

 

Sources

Catalogues d’expositions du Salon des Beaux-Arts de la Société Nationale des Beaux Arts

Catalogue d’exposition, Van Dongen et le Bateau-Lavoir, Somogy édition d’Art, 2018, Paris

Catalogue d’exposition Les Hollandais à Paris 1789-1914, Edition Paris Musées, 2018, Paris

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