L’HISTOIRE DE LA SNBA

La Société Nationale des Beaux Arts pavoise au port du Carrousel du Louvre. C’est un navire de libre navigation. A la passerelle, son équipage bénévole vous invite à monter à bord pour que vous participiez à nos belles escales espérées.

En 2011, la Société Nationale des Beaux Arts a fêté ses 150 ans, des noces glorieuses et heureuses avec les artistes. Une fidèle union dans l’intégrité de la création. Les anciens libres et talentueux ont assuré la solidité de ses fondations.
Aujourd’hui, tout en admirant nos illustres devanciers, nous nous efforçons d’en être dignes, sans soumission à leurs principes en nous souvenant de leur esprit d’indépendance. Les phares balaient l’horizon mais ne tracent pas la route. Tout voyage est nouveau pour des regards vierges, vigilants, vivants. Chaque navigation est à réinventer. Les moyens diffèrent, les buts demeurent. Si notre environnement se transforme, nos émotions sont pérennes.
Le Salon des Beaux Arts accueille peintres, sculpteurs, graveurs, photographes, vétérans ou jeunes, l’âge ne fait rien à l’affaire, qui expriment toutes les facettes de la vie, joyeuses ou tragiques, sans complaisances à la mode, à la routine ou au marché.

Michel KING
Président de la SNBA

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Extrait de La baie de Concarneau.  Editions Chasse Marée-Glénat 2009.
François Bellec, Président de la SNBA 2004-2011.

A partir du milieu du XIXe siècle des inventions fondamentales et des progrès exponentiels de l’industrie, mais aussi des courants de pensée impertinents confrontés aux connivences de la politique et aux usages mondains ont bousculé la société européenne jusque dans ses dogmes culturels. L’Exposition universelle de 1855 célébrait l’industrie et tenait à honorer les beaux-arts à travers Ingres et Delacroix. En écartant L’atelier du peintre de Courbet dont L’enterrement à Ornans avait déjà affirmé l’engagement de l’artiste pour un art désacralisé, la culture établie affichait sa méfiance du réalisme social, de la nouvelle classe ouvrière et des atteintes aux règles intangibles de l’art classique. Et puis l’Europe entra dans une zone de turbulences politiques, économiques et sociales qui détermina la chronique d’un demi-siècle bousculé dont des expositions spectaculaires affichaient périodiquement, entre deux crises économiques, les avancées de l’industrie triomphante. Sous les verrières spectaculaires des expositions universelles, elle avait réponse à tout, mise en lumière en 1881 par une exposition internationale de l’électricité…

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On ne peut expliquer les courants esthétiques qui ont bouleversé les arts officiels sans les rapprocher du renouveau des sciences et des techniques, et de l’évolution drastique de la société, qu’elle fût ouvrière ou nantie. Les créateurs, comme la vapeur, étaient en ébullition. Ce fut le temps de Wagner, d’Offenbach, de la Carmen de Bizet, de l’Aïda de Verdi, de Grieg, de Rimski-Korsakov et de Moussorgski, de Debussy et de Mahler, de Brahms et de Dvorak, d’Anatole France et de Valéry, de l’affaire Dreyfus et du coup de sang de Zola, des obsèques nationales de Victor Hugo, des jeunes filles en fleurs et des fleurs du mal. Proust et Baudelaire cherchaient chacun de leur côté. Vint le rejet dégoûté de l’homosexualité de Wilde, le libertinage scandaleux de Madame Bovary et la gloire de Kipling qui révélait au monde qu’il était glorieux d’être Anglais.

L’époque bouscula même l’inébranlable Salon officiel. Sous la toute puissance de l’Académie des Beaux-Arts, la tradition du Salon remontait à 1737 et même au Salon au Louvre de l’Académie Royale de peinture et de sculpture de Colbert en 1663. La manifestation annuelle était la vitrine obligée des peintres et des sculpteurs. Là se faisaient les réputations, se révélaient les talents nouveaux. En 1861, le peintre et graveur Louis Martinet et Théophile Gautier fondèrent la Société Nationale des Beaux Arts, en rupture avec le Salon officiel, pour rendre l’art indépendant et apprendre aux artistes à faire eux-mêmes leurs affaires. La SNBA exposait alors en permanence boulevard des Italiens, dans des locaux luxueux prêtés par le marquis d’Hertford. Ses membres fondateurs comptaient Delacroix, Corot, Daubigny, Lehmann, Manet, Hébert, Baudry, Bonnat, Bracquemond et Puvis de Chavannes. Ingres y exposa La Source. La société facilitait les envois des artistes dans les salons de province des divers Amis des Arts, et publiait un bimensuel Le courrier artistique.

Deux ans après la fronde de la SNBA, le refus massif de plus de la moitié des œuvres au Salon de 1863 incita Napoléon III à exposer les exclus dans le Palais de l’Industrie de l’exposition universelle de 1855. Le Salon des refusés était en ces lieux un nouveau signe inattendu de la connivence obligée entre l’art et le mécénat économique. Le déjeuner sur l’herbe de Manet y fit scandale. L’année suivante, L’homme au nez cassé de Rodin agita la critique qui faisait un triomphe à Gustave Moreau. En 1865, la SNBA renonça à son expérience, les frais dépassant les recettes sans concurrencer vraiment le Salon officiel. Refusé au Salon de 1874, un groupe d’artistes – et parmi eux rien moins que Cézanne, Degas, Monet, Pissaro et Renoir – organisèrent une exposition contestataire dans l’atelier du photographe Nadar. L’Impression soleil levant de Claude Monet décida du nom du mouvement. Ce n’était pas par hasard que ce tableau culte était une vue du Havre. Quelques décennies après Turner, des artistes français avaient découvert la mer à leur tour. Abandonnant l’Académie reine des cimaises, ils désertaient leurs ateliers pour accourir sur les plages de la Manche. L’histoire de l’art ne souligne pas assez l’exceptionnelle opportunité que fut la conjonction d’une fronde contre le Salon officiel, de l’ouverture de voies ferrées et de l’invention de la couleur à l’huile en tube qui multiplia les moyens d’expression des peintres aventurés sur notre littoral derrière les aquarellistes anglais précurseurs.

L’art était alors un vaste chantier français. En 1887, André Antoine fondait le Théâtre Libre en rupture avec la Comédie Française. Les brouilles de personnalités au tempérament affirmé et des querelles de principes dans un environnement politique, social et artistique en évolution ont enrichi à cette époque le paysage artistique français de plusieurs sociétés d’artistes. Au moment où frémissaient les arts plastiques, des coups de sang et des coups de gueule virent éclore ce que l’on appelle aujourd’hui les Salons historiques. Issues par scissiparité d’un même tronc originel, elles sont cousines mais jalouses chacune de leurs différences qui sont les gages de la variété féconde de la création artistique. Parce que l’État excédé des querelles avait décidé de laisser les peintres de se débrouiller avec le Salon, Jules Ferry fonda la Société des Artistes français en 1881 quand s’ouvrait l’Exposition internationale d’électricité. La libération des artistes fit fleurir d’autres sociétés indépendantes en réaction à l’académisme, dont, en 1884, les Indépendants présidés par Signac qui défendait déjà un néo-impressionnisme et imposait le Douanier Rousseau. En 1890, Meissonier, malmené lors d’une réunion relative au jury de l’Exposition Universelle de 1899 entraîna derrière lui Puvis de Chavannes, Rodin et Carolus-Duran pour fonder le noyau d’une nouvelle Société Nationale des Beaux-Arts, qui exposa cette année-là au Palais du Champ de Mars.

Sous la présidence de Puvis de Chavannes, la SNBA créa une section « des objets d’arts » à laquelle participa Lalique, ferment du futur Salon des Artistes décorateurs. Cette année 1891, se révélèrent les Nabis, les « prophètes » conduits par Maurice Denis, membre de la SNBA, Sérusier et Bonnard. Affirmant la valeur de l’acte créateur plutôt que le sujet représenté, le manifeste de Maurice Denis est resté l’acte fondateur de la peinture contemporaine : « Un tableau est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées. » A Tahiti, Gauguin travaillait à son testament symbolique « D’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? » et le Balzac de Rodin se préparait à faire scandale.

En 1900, le fronton du Grand Palais – seul survivant aujourd’hui des temples de l’architecture du nouvel âge du fer – fut consacré à la gloire de l’art français. C’était un peu tard car l’école française frondeuse n’avait pas attendu cette consécration pour s’organiser hors des enceintes officielles. Et trois ans plus tard, quand s’annonçait l’Art nouveau, le Salon d’Automne fut fondé par consentement mutuel au sein de la SNBA, sur une initiative de l’architecte Franz Jourdain en faveur des jeunes. Le Salon fut placé sous la présidence d’honneur de Maurice Denis. En 1905 les Fauves exposèrent au Salon d’Automne, et la révolution russe à Saint-Pétersbourg. L’année suivante, Cézanne mourut à Aix-en-Provence, et un séisme ravagea San Franscisco. Picasso peignit à Montmartre, les Demoiselles d’Avignon.  

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